Exposition Musée Guimet à Paris sur l'artiste In-soon Sok et ses broderies asiatiques
comment 0

L’art millénaire de la broderie coréenne s’expose au musée Guimet

En ce moment et jusqu’au 14 Mars, le musée Guimet, à Paris, expose une collection de 150 pièces de broderie coréenne, provenant de l’artiste contemporaine In-sook Son, qui fait revivre cette tradition ancienne. L’artiste a déjà réalisé à la main plus de 4000 oeuvres!

En Corée, la broderie est l’affaire des femmes, et cela depuis plus de deux mille ans. Au royaume de Silla (57 av. J.-C.- 935 ap. J. -C.), la Coréenne brode, quel que soit son statut. Cet art est à son apogée au Moyen Age. Et du XIVe au XXe siècle, à l’époque Choson (1392-1910), la broderie est le seul espace de liberté des femmes, exclues de la sphère publique. En brodant, les Coréennes s’expriment et s’affirment en tant qu’artistes.

Aurélie Samuel, responsable des collections textiles de Guimet, a reconstitué l’atelier de l’artiste septuagénaire qu’elle a rencontrée à Séoul. Les meubles de son salon, tables basses, fauteuils, paravents, sont enrichis de broderies en cartouches, comme l’étaient les cabinets napolitains de la Renaissance italienne animés de scènes peintes. Les vitrines regorgent des plus belles pièces décoratives du vestiaire traditionnel, avec les bijoux et accessoires de cérémonie.

La broderie coréenne regorge de symboles. Avec les dragons, phénix, papillons, libellules ou grues, pour les signes auspicieux, le langage des fleurs est omniprésent. La fleur du pêcher annonce le bonheur, quand celle du prunier dit le renouveau, la glycine l’amour et la pivoine la bonne fortune.

On peut ainsi entrer dans l’intimité d’un intérieur coréen, celui du gynécée, et en découvrir le raffinement et la préciosité. Que ce soit dans l’habillement ou la décoration, la broderie des femmes coréennes se décline en fils de soie ou de coton teintés, comme une délicate peinture à l’aiguille.

En Corée, les écheveaux sont teints à la demande comme le fait, à Paris le laboratoire de la Manufacture des Gobelins, qui possède des dizaines de milliers d’échantillons. Précisément, à Séoul, pour chaque couleur brodée sur l’étoffe – une « gaze armure » de coton, de chanvre ou de ramie (sorte d’ortie) –, In-sook Son colore un kilo de fils, en vingt nuances. De la même manière, elle réalise les « nœuds », ou norigae, ces longues décorations en fils tressés reliant des pierres semi-précieuses – jade, topaze ou corail –, qui remplacent les boutons des costumes féminins et masculins.

Un art de la broderie d’Extrême-Orient à découvrir rapidement, donc, si vous habitez ou êtes de passage sur Paris.

Pojadi en tissu, broderie et patchwork d'origine coréenne

« Intérieur coréen, œuvres de In-sook Son », Musée national d’art asiatique Guimet, Paris 16e. Jusqu’au 14 mars, sauf le mardi, de 10 heures à 18 heures.

Laisser un commentaire