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Exposition Kimono au musée Guimet: habits de soie et d’or

J’ai eu l’occasion de visiter la nouvelle exposition temporaire au musée Guimet, à Paris. Pour la première fois hors du Japon sont exposées en France les plus belles pièces textiles de la collection de la maison Matsuzakaya, fondée en 1611. À travers ces kimonos exceptionnels est porté un regard inédit sur l’évolution de la mode au Japon depuis l’époque d’Edo (1603-1868) jusqu’à nos jours. L’exposition traite de l’évolution de ce vêtement et de ses accessoires et montre leurs réinterprétations dans la mode japonaise et française contemporaine.

Une confection simple, un usage complexe et varié

Porté à l’origine par l’aristocratie, avant d’être adopté par la classe des samouraïs et la classe des marchands comme vêtement extérieur, le kimono est vite devenu un vêtement usuel pour toutes les classes de la population japonaise. Ce vêtement ample aux coutures simples et avec peu de découpe du tissu inspirera la mode européenne dès le 19e siècle, et l’est toujours chez les créateurs de mode contemporains,qu’ils soient français ou japonais.

En très peu de pièces, l’exposition Kimono fait voyager et raconte l’histoire du textile dans la tradition japonaise. Le kimono, d’abord, vêtement ample et basique, qui se complexifie selon la classe de celui qui le porte; une coupe simple, puis une superposition de vêtements les uns sur les autres. Des nœuds, des ceintures obi pour maintenir le tout et en faire un vêtement avec lequel il est très malaisé (surtout pour les femmes) de se mouvoir. Le kimono est raideur, maintien, contrainte.

kimono richement brodés et décorés exposés à paris en 2017

Kimono, dans la tradition des tisserands et brodeurs japonais

La confection d’un kimono se fait à partir d’un rouleau de tissu de 35 cm de large, dans lequel sont coupés sept bandes droites puis assemblées les unes aux autres. Ces bandes ne sont jamais recoupées. Deux des rectangles seront repliés pour former les manches.

Il ne faut pas oublier, et l’exposition le rappelle, la longue tradition de tisserands japonais. Le kimono est confectionné le plus souvent dans des matières locales, mais variées: chanvre, lin, coton, ramie. La soie était la plus coûteuse et la plus prisée. On utilise du tissu matelassé pour des kimonos chauds d’hiver.

Les kimonos sont de véritables tableaux sur mesure, où l’on fait référence à son propriétaire, à ses vertus, et bien sûr, à son appartenance sociale. Qu’on soit homme, femme, marchand, samouraï ou célibataire, lotus, kanjis, hérons blancs et Mont Fuji se déploient sur le dos de ces vêtements de luxe.

Pour décorer le tissu, le tisserand japonais fait appel à plusieurs techniques: les teintures sont appliquées directement sur le tissu, où l’ont dessine à la cire les motifs qui seront laissés en réserve (technique du shibori pour une réserve avec des fils de couture, yazen avec des fils de colle). Et pour parer plus richement, on fait appel à la broderie depuis l’époque de Momoyama (16e siècle). Tout d’abord ce fut des feuilles de métal plaquées par de la colle, puis des points de broderie appliqués par-dessus les motifs pour donner du relief. L’or est apposé par des filaments sur la surface, qui seront cousus pour être maintenus en un certain motif. Aucun exemple donné de la broderie sashiko, et pour cause: ce point de broderie japonais est né pour le rapiècement des vêtements usés. Loin des kimonos des classes supérieures, le kimono de l’homme du peuple se fait discret.

Exposition Kimono, au bonheur des dames. Musée Guimet, Paris, du 22 février au 22 mai 2017.

Voir plus d’informations sur l’exposition.

 

 

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